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vendredi 27 août 2010

Les repas en famille

C’est la fin des vacances et la rentrée de l’automne qui arrive à grand pas. Certains d’entre nous allons donc très bientôt nous retrouver à nouveau avec des horaires surchargés et peu de temps pour apprécier le moment présent et les contacts privilégiés avec nos proches. Avec le travail des deux parents, les courses, les déplacements après l’école, les cours de judo ou de danse des enfants, puis les devoirs, les repas du lendemain et le ménage à faire, il ne reste bien sûr plus beaucoup de temps à consacrer au repas du soir. De nos jours, les familles débordées ont donc souvent recours aux repas déjà préparés à réchauffer au micro-ondes, qu’elles prennent devant le petit écran à heures différentes ou encore sur le pouce, entre deux activités. Et tristement, le rituel des repas en famille, que ceux et celles de plus de 40 ou 50 ans ont sans doute déjà connu, s’est perdu au fil du temps.


Pourtant, manger ensemble en famille est bénéfique pour plusieurs raisons: il permet d’échanger, de s’informer des dernières nouvelles de tout le monde, de resserrer les liens et d’avoir du plaisir ensemble. D’ailleurs, il paraît que c’est notamment autour de la table que les jeunes enfants apprennent à écouter, à s’exprimer et à développer un lien d’appartenance, et que si cette habitude leur a été inculquée dès le plus jeune âge, une fois adolescents, ils accepteront sans rechigner de participer aux repas familiaux. Outre une meilleure communication, les repas en famille favoriseraient aussi une alimentation plus saine que ceux pris seuls, sur le bout du comptoir. Et à long terme, ceci préserverait les enfants d’une prise de poids excessive, vu la plus grande qualité et la variété des aliments consommés.

Mais comment prendre ses repas en famille quand tout le monde a des horaires différents et que c’est si facile et rapide de se réchauffer quelque chose à avaler tout rond devant la télé? Durant le week-end, par exemple, on peut décider ensemble d’un soir de semaine qui convient le mieux à tous les horaires et que, chaque semaine, on dédiera au repas en famille. Et s’il n’y a rien qui convient à tout le monde, un autre option peut être le brunch familial le samedi ou le dimanche.

Voici quelques suggestions pour créer un tel rituel:
  • planifiez le repas à l’avance et faites une liste de tâches attitrées pour que tous y participent (faire les courses, mettre la table, cuisiner, nettoyer, etc.)
  • éteignez la télé afin de créer un climat propice aux échanges et au partage
  • si vous avez perdu l’habitude de vous parler durant les repas, programmez un peu la conversation: par exemple, vous pourriez parler à tour de rôle de votre semaine, d’une nouvelle qui vous a marquée (et qui peut être choisie à l’avance), d’une anecdote drôle que vous avez entendue, etc.
  • favorisez une ambiance détendue et évitez d’employer ces moments privilégiés passés ensemble pour régler des comptes, donner des conseils moralisateurs ou commenter sur ce que mangent ou non vos enfants durant le repas
  • ne tolérez aucune absence, y compris celle d’un enfant captivé par une autre activité et qui affirme ne pas avoir faim
  • adaptez les horaires: si vous rentrez plus tard, prévoyez des collations pour les enfants afin qu’ils puissent se sustenter jusqu’au moment du repas
  • acceptez à l’occasion que des amis de vos enfants se joignent à vous, puisque vous pourrez alors en profiter pour apprendre à les connaître, mais assurez-vous d’établir des limites afin qu’ils ne perturbent pas trop vos relations familiales
Évidemment, lorsque nous en seront aux derniers moments de notre vie, ce ne sont pas les repas que nous avons mangés seuls devant la télé dont nous allons nous souvenir. Nous nous souviendrons plutôt de ces moments de convivialité qui, sans être des souvenirs spécifiques, auront fait en sorte que nous étions satisfaits de notre vie. Et vous, prenez-vous vos repas en famille? Et si oui, que faites-vous de particulier pour rendre ces moments possibles?

lundi 31 mai 2010

Le temps de vivre (suite)

Tel que promis vendredi dernier, voici les quelques suggestions proposées par M. Allan pour ralentir le rythme et reprendre contact avec l’essentiel. Bon ralentissement!


Commencez petit
Changer des choses dans sa vie n’est pas toujours facile, donc si on veut passer d’un rythme de vie effréné à un rythme plus lent, il est préférable d’y aller de façon graduelle. En fait, on doit d’abord commencer par se donner la permission de ralentir. Cela peut sembler une évidence, mais beaucoup de gens croient qu’ils n’en ont pas le droit, ce qui est faux, bien entendu.

Quittez le boulot à la fin de la journée
Et quittez votre travail pour vrai, pas juste physiquement. Laissez tous vos projets, messages, courriels, appels téléphoniques et conversations derrière lorsque vous quittez pour rentrer chez vous. Rappelez-vous, presque tout peut attendre au lendemain, donc aussi bien vous en occuper seulement qu'à ce moment-là. Aussi, vous pouvez peut-être vous créer une routine pour vous aider à faire la transition du travail à la maison et utiliser ce temps pour vous détendre et évacuer le stress de la journée. Par exemple, en quittant, descendez les marches lentement au lieu de courir vers l’ascenseur. Ou prenez un chemin plus calme, bordé d’arbres, plutôt que l’autoroute. Et même, si vous le pouvez, faites le trajet à pied ou à vélo, ou encore, écoutez de la musique qui vous détend dans le train ou l’autobus. Peu importe le moyen que vous utilisez, faites chaque jour un effort conscient pour vous détacher du boulot. Puis dès que vous passez le pas de la porte de votre résidence, concentrez-vous sur votre vie personnelle et familiale.

Éteignez tous vos gadgets électroniques
Accordez-vous tous les jours certains moments ou vous êtes débranchés de tous vos appareils électroniques (portable, Internet, télévision, etc.) et passez du temps avec vos proches en parlant, en jouant à des jeux ou en faisant des activités dehors.

Soyez présent à 100%
Cela peut être parfois très difficile à faire, mais il s’agit également d’une source de tension accrue dans la vie. Lorsque nous sommes avec notre famille et que nous pensons à autre chose qui nous préoccupe, nos enfants en particulier peuvent parfois devenir une source d’irritation et de frustration sans le vouloir. Quand nous pensons au travail et que notre enfant veut jouer avec nous aux cow-boys et aux indiens ou
encore à la poupée, nous recevons sa demande comme un agacement plutôt qu’une invitation à participer à un jeu issu de son monde imaginaire. Peu importe ce que vous faites, mettez-y donc toute votre attention. Le multitâches est généralement inefficace de toute façon. Vaut mieux se concentrer sur une chose à la fois (et donc, encore une fois, éteindre les gadgets électroniques) afin de pouvoir y consacrer 100% de notre attention.

Allez faire un tour
Promenez-vous un peu avec votre conjoint-e et vos enfants tous les jours et faites-en même une priorité. Être en contact avec la nature offre de nombreux bienfaits, même lorsqu’il s’agit de la nature en ville. Vous voulez un truc infaillible pour améliorer votre vie conjugale?Trouvez le temps de marcher et discuter avec votre conjoint-e au moins une demi-heure par jour.

Mangez dehors
Si la nature est bénéfique pour nous, partager un repas en pleine nature peut l’être encore davantage. Donc pourquoi ne pas faire un pique-nique dans le parc ou manger sur la terrasse chez vous ou au restaurant chaque fois que vous le pouvez?

Préparez votre journée du lendemain
À la fin de chaque journée, préparez-vous pour le lendemain. Choisissez vos vêtements, préparez les repas, discutez avec votre conjoint-e. Puis à votre réveil, commencez la journée calmement et prenez un petit moment pour vous ressourcer. Dégustez une bonne tasse de thé ou de café, respirez lentement, méditez ou faites un peu d’exercice. Vous allez ainsi faire le plein d’énergie et serez prêts à affronter une nouvelle journée.

vendredi 28 mai 2010

Le temps de vivre


Je vous propose aujourd’hui, avec sa permission, la traduction partielle d’un texte récent de M. Corey Allan, psychologue américain spécialisé dans les relations de couple. Il reflète bien ma pensée et traite de notre relation au temps et à la technologie.


Notre monde semble aller de plus en plus vite. Partout, le rythme est rapide: nos délais se resserrent, notre charge de travail augmente, nos enfants ont un horaire surchargé, notre liste de choses à faire est interminable, le ménage de la maison est toujours à refaire, etc. C’est le chaos! Du moins, c’est ainsi que nous ressentons les choses.

Mais le rythme de vie s’est-il vraiment accéléré à ce point? Se passe-t-il plus de choses aujourd’hui en une journée qu’il y a 50 ans? Nous ressentons peut-être plus de pression à certains niveaux et avons donc l’impression que tout va plus vite, mais souvent, ce n’est qu’une illusion.

Grâce à l’Internet et à l’information en continu, nous sommes aujourd’hui au fait de tout ce qui se passe dans le monde et ce, presque en direct, ce qui n’était pas le cas auparavant. L’avènement des réseaux informatiques et de télécommunications a contribué à nous donner l’impression que le rythme de vie s’est accéléré, mais aussi à créer l’illusion que nous sommes moins seuls, moins isolés les uns des autres. Pourtant, rien ne peut remplacer les interactions en face à face que nous avons avec d’autres êtres humains. En effet, le contact physique et la communication directe sont essentiels à notre bien-être, et leur diminution, conjuguée à notre perception d’un monde qui va toujours plus vite, provoque en nous un sentiment d’anxiété chronique et une plus grande difficulté à prendre plaisir aux petites choses de la vie.

Pensez-y un peu. Vous rappelez-vous la dernière fois que vous avez senti l’odeur du pain tout frais sorti du four? Ou que vous avez joué avec des crayons à colorier? Ou marché pieds nus dans l’herbe? Ou pris quelques instants juste pour respirer? Poursuivre un rythme de vie effréné ne peut faire autrement qu’avoir un impact sur notre famille et sur notre couple, car c’est très difficile d’être à la course durant le jour puis de ralentir suffisamment en soirée pour apprécier la présence de nos proches. Et lorsque nous nous laissons constamment emporter dans le tourbillon du quotidien, nous en venons souvent à négliger l’essentiel.


Lundi prochain, je vous partagerai la suite de ce texte de Corey Allan, qui offre quelques pistes pour ralentir le rythme. D'ici là, voici un aperçu et peut-être quelques idées à mettre en pratique en fin de semaine: éteignez tous vos appareils électroniques, y compris le portable, et allez dehors. Marchez, parlez, jouez, peu importe, mais connectez-vous à ceux qui sont présents autour de vous plutôt qu’à vos gadgets et autres sources de distraction. Ironiquement, cela pourra peut-être sembler tout à fait "contre nature" au début, mais en essayant d’être présents à 100% et en prenant le temps de vivre, vous vous donnerez ainsi la chance de reprendre contact avec votre vraie nature. Sur ce, bon weekend!