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lundi 28 juin 2010

Prendre le temps

Je continue aujourd’hui sur la même lancée que le 28 mai dernier, où il était question du texte de Corey Allan à propos de ralentir le rythme. En ce moment, l’été est bien installé dans l’hémisphère nord, donc c’est bientôt ou déjà les vacances pour bon nombre d’entre nous. Et vous, prenez-vous des vacances cette année? D’abord, vous donnez-vous le droit d’en prendre? Et si vous en prenez, revenez-vous habituellement à la "vie normale" bien reposés et réénergisés ou avez-vous besoin d’une semaine ou deux pour vous en remettre?

Certains "zélés du travail" considèrent les vacances annuelles comme une période d'oisiveté quasi-forcée, tandis que d’autres, au contraire, tentent de remplir chaque moment jusqu’à la dernière seconde avec une activité (sortie au zoo, randonnée, journée à la plage, festivals de toutes sortes, etc.) afin d’en "profiter" au maximum. Mais voici une idée plutôt subversive en cette époque où tout va tellement vite: et si ce n’était pas un crime de s’arrêter, tout simplement? Et si nous utilisions ces moments privilégiés de l’année pour nous vider la tête, nous détendre et nous amuser et refaire le plein d’énergie? Et si nous laissions tomber les objectifs de rentabilité du monde du travail et du commerce et profitions tout simplement de cette permission que nous avons enfin d’être "improductifs" et "inutiles" pendant quelques jours ou quelques semaines? Pas nécessairement à chaque instant, mais au moins un tout petit peu. Bien sûr, je ne parle pas ici de ne rien faire du tout, de regarder le plafond ou de se regarder l’un et l’autre dans le blanc des yeux toute la journée, comme certaines personnes en viennent à faire lorsqu’elles arrivent à la retraite. Non, je parle de faire des activités parce qu’on en a envie, pour se faire plaisir, et non parce qu’on ne peut pas supporter de ne rien faire ou parce qu’on se sent obligé de faire quelque chose. Nous sommes tellement conditionnés aujourd’hui au rythme effréné du monde occidental que nous ne pouvons presque plus nous imaginer, par exemple, assis tranquillement dans un canot au milieu d’un lac paisible, à ne rien faire d’autre que nous fondre dans cette nature généreuse qui, nous l’oublions trop souvent, nous maintient en vie. Et pourtant voilà, je crois, l’une des clés importantes du bonheur: savoir s’arrêter, lâcher prise et apprécier l’instant présent tel qu’il est.

J’ai envie pour terminer de vous partager une découverte musicale que j’ai faite récemment et qui, à mon avis, reflète bien l’esprit de ce blogue, mais avec ce petit côté festif et léger que nous inspire l’été. Il s’agit de la chanson Laissez-nous prendre le temps du groupe reggae français Sinsemilia.

Laissez-nous prendre le temps
Juste écouter le vent
Perdre sa vie à la gagner
Et voir défiler les années
Y sommes-nous vraiment condamnés?

Le reste de cette magnifique chanson se retrouve sur vidéo juste ici.

Et sur ce, moi, je m’en vais voir ailleurs si j’y suis durant tout le mois de juillet, mais Vive la simplicité! ne prendra pas de vacances. En effet, ce blogue continuera d’être mis à jour, mais au ralenti, soit une fois par semaine plutôt que deux. Alors on reste dans le ton, mais en plus léger, car après tout… vive les vacances!

lundi 31 mai 2010

Le temps de vivre (suite)

Tel que promis vendredi dernier, voici les quelques suggestions proposées par M. Allan pour ralentir le rythme et reprendre contact avec l’essentiel. Bon ralentissement!


Commencez petit
Changer des choses dans sa vie n’est pas toujours facile, donc si on veut passer d’un rythme de vie effréné à un rythme plus lent, il est préférable d’y aller de façon graduelle. En fait, on doit d’abord commencer par se donner la permission de ralentir. Cela peut sembler une évidence, mais beaucoup de gens croient qu’ils n’en ont pas le droit, ce qui est faux, bien entendu.

Quittez le boulot à la fin de la journée
Et quittez votre travail pour vrai, pas juste physiquement. Laissez tous vos projets, messages, courriels, appels téléphoniques et conversations derrière lorsque vous quittez pour rentrer chez vous. Rappelez-vous, presque tout peut attendre au lendemain, donc aussi bien vous en occuper seulement qu'à ce moment-là. Aussi, vous pouvez peut-être vous créer une routine pour vous aider à faire la transition du travail à la maison et utiliser ce temps pour vous détendre et évacuer le stress de la journée. Par exemple, en quittant, descendez les marches lentement au lieu de courir vers l’ascenseur. Ou prenez un chemin plus calme, bordé d’arbres, plutôt que l’autoroute. Et même, si vous le pouvez, faites le trajet à pied ou à vélo, ou encore, écoutez de la musique qui vous détend dans le train ou l’autobus. Peu importe le moyen que vous utilisez, faites chaque jour un effort conscient pour vous détacher du boulot. Puis dès que vous passez le pas de la porte de votre résidence, concentrez-vous sur votre vie personnelle et familiale.

Éteignez tous vos gadgets électroniques
Accordez-vous tous les jours certains moments ou vous êtes débranchés de tous vos appareils électroniques (portable, Internet, télévision, etc.) et passez du temps avec vos proches en parlant, en jouant à des jeux ou en faisant des activités dehors.

Soyez présent à 100%
Cela peut être parfois très difficile à faire, mais il s’agit également d’une source de tension accrue dans la vie. Lorsque nous sommes avec notre famille et que nous pensons à autre chose qui nous préoccupe, nos enfants en particulier peuvent parfois devenir une source d’irritation et de frustration sans le vouloir. Quand nous pensons au travail et que notre enfant veut jouer avec nous aux cow-boys et aux indiens ou
encore à la poupée, nous recevons sa demande comme un agacement plutôt qu’une invitation à participer à un jeu issu de son monde imaginaire. Peu importe ce que vous faites, mettez-y donc toute votre attention. Le multitâches est généralement inefficace de toute façon. Vaut mieux se concentrer sur une chose à la fois (et donc, encore une fois, éteindre les gadgets électroniques) afin de pouvoir y consacrer 100% de notre attention.

Allez faire un tour
Promenez-vous un peu avec votre conjoint-e et vos enfants tous les jours et faites-en même une priorité. Être en contact avec la nature offre de nombreux bienfaits, même lorsqu’il s’agit de la nature en ville. Vous voulez un truc infaillible pour améliorer votre vie conjugale?Trouvez le temps de marcher et discuter avec votre conjoint-e au moins une demi-heure par jour.

Mangez dehors
Si la nature est bénéfique pour nous, partager un repas en pleine nature peut l’être encore davantage. Donc pourquoi ne pas faire un pique-nique dans le parc ou manger sur la terrasse chez vous ou au restaurant chaque fois que vous le pouvez?

Préparez votre journée du lendemain
À la fin de chaque journée, préparez-vous pour le lendemain. Choisissez vos vêtements, préparez les repas, discutez avec votre conjoint-e. Puis à votre réveil, commencez la journée calmement et prenez un petit moment pour vous ressourcer. Dégustez une bonne tasse de thé ou de café, respirez lentement, méditez ou faites un peu d’exercice. Vous allez ainsi faire le plein d’énergie et serez prêts à affronter une nouvelle journée.

vendredi 28 mai 2010

Le temps de vivre


Je vous propose aujourd’hui, avec sa permission, la traduction partielle d’un texte récent de M. Corey Allan, psychologue américain spécialisé dans les relations de couple. Il reflète bien ma pensée et traite de notre relation au temps et à la technologie.


Notre monde semble aller de plus en plus vite. Partout, le rythme est rapide: nos délais se resserrent, notre charge de travail augmente, nos enfants ont un horaire surchargé, notre liste de choses à faire est interminable, le ménage de la maison est toujours à refaire, etc. C’est le chaos! Du moins, c’est ainsi que nous ressentons les choses.

Mais le rythme de vie s’est-il vraiment accéléré à ce point? Se passe-t-il plus de choses aujourd’hui en une journée qu’il y a 50 ans? Nous ressentons peut-être plus de pression à certains niveaux et avons donc l’impression que tout va plus vite, mais souvent, ce n’est qu’une illusion.

Grâce à l’Internet et à l’information en continu, nous sommes aujourd’hui au fait de tout ce qui se passe dans le monde et ce, presque en direct, ce qui n’était pas le cas auparavant. L’avènement des réseaux informatiques et de télécommunications a contribué à nous donner l’impression que le rythme de vie s’est accéléré, mais aussi à créer l’illusion que nous sommes moins seuls, moins isolés les uns des autres. Pourtant, rien ne peut remplacer les interactions en face à face que nous avons avec d’autres êtres humains. En effet, le contact physique et la communication directe sont essentiels à notre bien-être, et leur diminution, conjuguée à notre perception d’un monde qui va toujours plus vite, provoque en nous un sentiment d’anxiété chronique et une plus grande difficulté à prendre plaisir aux petites choses de la vie.

Pensez-y un peu. Vous rappelez-vous la dernière fois que vous avez senti l’odeur du pain tout frais sorti du four? Ou que vous avez joué avec des crayons à colorier? Ou marché pieds nus dans l’herbe? Ou pris quelques instants juste pour respirer? Poursuivre un rythme de vie effréné ne peut faire autrement qu’avoir un impact sur notre famille et sur notre couple, car c’est très difficile d’être à la course durant le jour puis de ralentir suffisamment en soirée pour apprécier la présence de nos proches. Et lorsque nous nous laissons constamment emporter dans le tourbillon du quotidien, nous en venons souvent à négliger l’essentiel.


Lundi prochain, je vous partagerai la suite de ce texte de Corey Allan, qui offre quelques pistes pour ralentir le rythme. D'ici là, voici un aperçu et peut-être quelques idées à mettre en pratique en fin de semaine: éteignez tous vos appareils électroniques, y compris le portable, et allez dehors. Marchez, parlez, jouez, peu importe, mais connectez-vous à ceux qui sont présents autour de vous plutôt qu’à vos gadgets et autres sources de distraction. Ironiquement, cela pourra peut-être sembler tout à fait "contre nature" au début, mais en essayant d’être présents à 100% et en prenant le temps de vivre, vous vous donnerez ainsi la chance de reprendre contact avec votre vraie nature. Sur ce, bon weekend!