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mardi 28 septembre 2010

La technologie est à notre service, pas l’inverse

Je disais la dernière fois que nous étions de plus en plus esclaves de la technologie, et particulièrement des télécommunications. D’accord, c’est peut-être un peu malhonnête de parler d’esclavage quand, pour la majorité d’entre nous, le téléphone portable et la messagerie électronique sont pratiquement devenus essentiels dans notre quotidien. Et même, pour beaucoup de gens, la possibilité d’être en contact permanent avec le monde entier par le biais des télécommunications est perçue comme une source de liberté et non d’esclavage. Mais à mon avis, le problème n’est pas non plus leur utilisation: c’est l’attitude que nous développons à leur égard et les comportements qui en découlent.

Évidemment, même en dehors des heures de travail, ça peut être très pratique d'avoir un portable, notamment pour consulter notre conjoint lorsque nous sommes dans le doute au supermarché, pour contacter les secours en cas d'urgence sur la route ou pour retrouver des amis dans une foule. Mais en quoi cet appareil nous facilite-t-il les choses lorsque nous hésitons à l'éteindre même lors d'une soirée entre amoureux, au cinéma ou pendant la nuit, par crainte de manquer un seul appel? Ou quand nous en venons à risquer notre propre vie et celle des autres en appelant quelqu'un ou en lisant nos messages au volant? Et sommes nous vraiment plus avancés lorsque ce contact permanent avec le monde entier signifie que notre employeur ou nos clients peuvent empiéter sur notre vie privée et nous demander de faire un truc "urgent" 24 heures sur 24, sept jours sur sept, y compris durant les vacances? Je ne le crois pas.

Revenons à la liste d’habitudes pernicieuses énumérées dans le dernier billet et que nous risquons d'acquérir avec le temps par rapport aux télécommunications en général. S’il y en a une dont vous voulez vous défaire, voici comment procéder:

1. Évaluez comment cette habitude interrompt le cours de votre vie. Comme on le sait, les distractions détournent notre attention de ce que nous faisons dans le moment présent et nous rendent ainsi moins efficaces. Qu’est-ce que vous vous arrêtez de faire pour répondre au téléphone?

2. Notez l’émotion que vous ressentez à ce moment-là: Anxieux? Obligé? Frustré? Dépassé? N’oubliez pas que vous avez toujours le choix. En faisant le choix d’accueillir la technologie dans nos vies, nous pouvons aussi décider quelle place nous voulons qu’elle y prenne, de façon à ressentir des émotions plus positives.

3. Commencez à modifier vos réactions et vos choix par rapport à la technologie. Laissez sonner le téléphone et ne vous levez plus de table pour courir y répondre dans l’autre pièce: laissez le répondeur ou la boîte vocale faire son travail. Changez votre numéro de portable et choisissez bien les personnes à qui vous le donnez. Et mieux encore: éteignez-le aussi souvent que possible. Ne prenez pas vos courriers électroniques plus de deux fois par jour et n’y répondez qu’à ce moment-là. Débarrassez-vous du service d’appel en attente.

Bref, prenez le contrôle de vos télécommunications. Après tout, rien ne nous oblige à être disponible pour tout le monde en tout temps. Évidemment, pour certains, choisir d’ignorer les appels et les messages entrants durant certains moments de la journée peut sembler plus facile à dire qu’à faire, mais comme pour tout changement d’habitude, il s’agit d’y aller petit à petit, une étape à la fois. Car la technologie a sa place dans nos vies, mais elle ne doit pas perturber l’équilibre, la paix et la liberté que nous souhaitons tous y trouver également. Qu’est-ce que vous en dites?

lundi 28 juin 2010

Prendre le temps

Je continue aujourd’hui sur la même lancée que le 28 mai dernier, où il était question du texte de Corey Allan à propos de ralentir le rythme. En ce moment, l’été est bien installé dans l’hémisphère nord, donc c’est bientôt ou déjà les vacances pour bon nombre d’entre nous. Et vous, prenez-vous des vacances cette année? D’abord, vous donnez-vous le droit d’en prendre? Et si vous en prenez, revenez-vous habituellement à la "vie normale" bien reposés et réénergisés ou avez-vous besoin d’une semaine ou deux pour vous en remettre?

Certains "zélés du travail" considèrent les vacances annuelles comme une période d'oisiveté quasi-forcée, tandis que d’autres, au contraire, tentent de remplir chaque moment jusqu’à la dernière seconde avec une activité (sortie au zoo, randonnée, journée à la plage, festivals de toutes sortes, etc.) afin d’en "profiter" au maximum. Mais voici une idée plutôt subversive en cette époque où tout va tellement vite: et si ce n’était pas un crime de s’arrêter, tout simplement? Et si nous utilisions ces moments privilégiés de l’année pour nous vider la tête, nous détendre et nous amuser et refaire le plein d’énergie? Et si nous laissions tomber les objectifs de rentabilité du monde du travail et du commerce et profitions tout simplement de cette permission que nous avons enfin d’être "improductifs" et "inutiles" pendant quelques jours ou quelques semaines? Pas nécessairement à chaque instant, mais au moins un tout petit peu. Bien sûr, je ne parle pas ici de ne rien faire du tout, de regarder le plafond ou de se regarder l’un et l’autre dans le blanc des yeux toute la journée, comme certaines personnes en viennent à faire lorsqu’elles arrivent à la retraite. Non, je parle de faire des activités parce qu’on en a envie, pour se faire plaisir, et non parce qu’on ne peut pas supporter de ne rien faire ou parce qu’on se sent obligé de faire quelque chose. Nous sommes tellement conditionnés aujourd’hui au rythme effréné du monde occidental que nous ne pouvons presque plus nous imaginer, par exemple, assis tranquillement dans un canot au milieu d’un lac paisible, à ne rien faire d’autre que nous fondre dans cette nature généreuse qui, nous l’oublions trop souvent, nous maintient en vie. Et pourtant voilà, je crois, l’une des clés importantes du bonheur: savoir s’arrêter, lâcher prise et apprécier l’instant présent tel qu’il est.

J’ai envie pour terminer de vous partager une découverte musicale que j’ai faite récemment et qui, à mon avis, reflète bien l’esprit de ce blogue, mais avec ce petit côté festif et léger que nous inspire l’été. Il s’agit de la chanson Laissez-nous prendre le temps du groupe reggae français Sinsemilia.

Laissez-nous prendre le temps
Juste écouter le vent
Perdre sa vie à la gagner
Et voir défiler les années
Y sommes-nous vraiment condamnés?

Le reste de cette magnifique chanson se retrouve sur vidéo juste ici.

Et sur ce, moi, je m’en vais voir ailleurs si j’y suis durant tout le mois de juillet, mais Vive la simplicité! ne prendra pas de vacances. En effet, ce blogue continuera d’être mis à jour, mais au ralenti, soit une fois par semaine plutôt que deux. Alors on reste dans le ton, mais en plus léger, car après tout… vive les vacances!